Bons Plans, Brunch, Cantines & Restos
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Un Brunch à l’Estaminet des Enfants Rouges, pour un dimanche bien parisien

Avec du poisson qui suinte. Clin d’œil aux nageurs.

C’est l’histoire d’une parisienne qui reçoit son amie allemande (berlinoise de l’Est) pour le week-end. Une parisienne de souche, du genre à avoir fait un détour inavouable de 25 ans par la banlieue, avant de revenir planter ses stilettos* en plein 18ème ghetto-bobo**.

[Les réfractaires aux digressions se rendront directement en paragraphe 7]
Vous imaginez donc bien la pression sur de si frêles épaules. Cette touriste ne tombera pas dans les pièges des non initiés. Moi vivante, elle ne trainera pas une tong à chaussette dans le 8ème, et ne verra que le quartier latin depuis les bus successivement empruntés. Elle aura droit au Paris des vrais, avec toute la dose d’hipster que cela implique. Effet secondaire jouissif, j’ai donc pu me promener dans des coins honnis depuis des mois pour cause d’invasion des Imbuvables sans rougir de honte.

Après une journée culturelle qui s’achève en bar à vins des habitués, le programme du dimanche consiste en de multiples errances au coeur du Marais, compromis idéal entre Histoire et détente. « So we’re in le Marais, the gay-hipster-jewish area of Paris. You have le Haut Marais and … le bas ? Let’s just go to the Haut Marais, grab a foyo and some brunch-ish, then we’ll move to Saint Paul and l’ïle Saint Louis and see the heart of Dumas’ Mousquetaires. » Hum.

En un glissement furtif nous voilà rue de Bretagne. « Oh let’s go to Le Marché des Enfants Rouges, where the betrunken*** crowd goes to comment on last night shamefullness, with a full stomach ».

Le Marché des Enfants Rouges, donc, est une institution du dimanche pour ceux qui aiment la foule, faire la queue, et se délecter inconfortablement de plus ou moins bonnes trouvailles alimentaires. Sous le marché couvert, la visite est exotique, moult étales de prêts-à-consommer se rejoignent olfactivement, pour donner le tourni aux affamés assoiffés.

Peu apte à ingurgiter un couscous, là sous 20°C automnaux et pour enchainer sur une journée de marche, pas vraiment alléchée à l’idée d’une dégustation de charcuteries, nous atterrissons devant l’Estaminet, connu de toute la toile et toutes les bouches initiées.

photo 1

[Pour les pressés, c’est ici]
N’ayant jamais réussi à obtenir une table, je me jette sur celle qui s’offre à nous, à l’intérieur mais ce n’est pas plus mal. Choix est donné entre deux types de brunch : poisson (22€) ou classique (20€). Let’s go for the fish, pas envie de fromages après le bar à vins de la veille. Petit pot de rillettes de thon à partager au centre, corbeille garnie de deux pains au chocolat blanc, et dans l’assiette de chacune :

  • rillettes de saumon
  • petit pot d’œufs brouillés ornés d’œufs de lump
  • filet de hareng
  • filet de maquereau fumé
  • ‘tit peu de salade verte assaisonnée au vinaigre de framboise
  • une pomme de terre à la crème et ciboulette
  • un pitit verre, type cantoche, de jus de pomme
  • une tasse de café (ou thé, selon le choix)
  • 2 parts de cheesecake à emporter (parce qu’on enpouvaitpu)

Verdict : pas mal. Pas plus. Allez, disons pas mal ++
Points forts : l’originalité de la composition, rapidité du service (cf plus bas), big up au maquereau fumé, découverte.
Points faibles : tiède-froid (pour les œufs brouillés et le café, c’est con), un peu gras, forcément, et le prix. Parce que bon ok, moi aussi je les sors à tous les coups mes rillettes de thon et saumon hein.

Et le point faible exceptionnel qui les fout mal : le morceau de verre (oui oui, verre, comme dans ça coupe ouille ouille ouille) dans les œufs brouillés ! HA ! Mais le point fort du point faible (vous suivez ?) fut leur réaction : adorable et parfaite. Vous me direz, normal avec une telle boulette. Et je te remplace les dits œufs à neuf, et je t’offre un dessert (en fait non, c’était dans la formule), et je m’excuse encore et encore, et avec le sourire.

Enfin, dernier point fort à creuser qui suit naturellement la remarque précédente : le service. Un homme de prime abord plutôt froid et parisien, dont on comprend aisément qu’il a du passer une dure/bonne soirée/nuit, ce qui nous donner envie de compatir. Surtout, il a des yeux magnifiques. Derrière le comptoir, une femme au charme pétillant qui vous donne envie de repartir en sautillant et en souriant niaisement à des inconnus. Et ÇA, c’est Paris.

Dans le brunch classique, il y avait :

  • un petit pot de saucisse à l’huile de je ne sais plus quoi, à la place des rillettes de thon
  • de la charcuterie et du fromage, à la place des poissons

*Détail fictif, apporté pour servir l’histoire. En réalité je ne porte jamais de talons, NDLR.
**Avons-nous toujours le droit de prononcer ce mot ?
***Bourrée, en allemand.

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2 commentaires

  1. des oeufs brouillés froids c’est un grand classique et j’imagine le café américain tiède.
    Je pense que pour un dimanche matin alors qu’on aurait pu gentiment aller s’acheter des oeufs chez Shoopi en faisant de l’oeil à son/sa voisin/voisine dans la queue parallèle, avoir droit à un « alors ma p’tite demoiselle je vous donne un peu de mon lard » du boucher pointant un ventre arrondi au bout de son coutelas dès qu’on lui demande du bacon (vingt ans qu’il la place avec en alternance « moi aussi je suis de bécon les bruyères), puis prendre un café à coté du voisin/voisine et l’inviter à un frühstück qui aurait ravi votre amie Hannelore, avec l’idée de vous retrouver seul avec lui le dimanche suivant devant Drücker alors que votre amie serait retournée sur le front russe. Et bien moi je dis, je dis qu’il aurait pu vous offrir l’addition (ne parlons pas du morceau de verre pour lequel il vous propose un désert déjà compris dans la formule alors qu’avec un bon avocat il fermait le rideau plus les dommages-intérêts.)
    Les enfants rouges il faut y aller en semaine, c’est moins mondu sauf qu’on tombe toujours sur ces traines savates d’intermittent du spectacle. Le coucous casse pas des briques mais ça cale son homme. En fait c’est l’endroit qui est sympa.
    edelson
    PS : si vous étiez dans le marais vous passiez rue des rosiers achetiez des begals chez Korkac, du saumon et de la philadelphia chez Monop ou g20 rue lepic, des citrons chez votre épicier… et vous faire le brunch version poisson.
    NB : rien a dire sur la qualité des photos mais quand même c’est un peu chiche les portions et le coup de la feuille de salade verte c’est zéro d’office.

    • Voilà qui met un peu de piment dans ces posts bien lissés. Un nouveau commentateur à gérer, diantre vite où ai-je mis ma boîte à réparties.
      Certes nous aurions pu faire tout cela, mais j’avais égoïstement envie de marché couvert, de service à table et de monde pour une fois sans odeur de chlore. Ajoutons à cela que le dit brunch maison eut lieu la veille. Et un peu avant les Enfants Rouges. Une sorte de double brunch, quoi.
      J’adorerais y trainer mes bottines en semaine, mais hélas le dur monde du travail m’en empêche. Un jour prochain sans doute irai-je déjeuner. Un couscous sans doute pas, ou contre double séance de mauvais crawl / double ration de longueurs planche & palme position latérale (en gainant, bien sûr).
      Pour finir, je suis pour l’imperfection dans le détail (cf morceau de verre) qui nous sauve d’un monde à l’américaine aseptisé à coups de procès.

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